Des communautés bédouines fragmentées en Cisjordanie

Des communautés bédouines fragmentées en Cisjordanie

L’inquiétude est vive ces dernières semaines dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie et de Jérusalem Est. Les démolitions de maisons et les déplacements forcés de familles déjà extrêmement vulnérables se multiplient, en violation du droit international humanitaire.

Le 19 août, 39 palestiniens dont 18 enfants, issus de la communauté bédouine de Bir Nabala, ont vu leurs habitants méthodiquement détruites par les autorités israéliennes. 6 jours plus tard, ces mêmes familles étaient déplacées de force, de l’autre côté du mur de séparation. Là, elles tentent de vivre, démunies, et complètement dépendantes de l’aide humanitaire.

Cette communauté bédouine est installée dans la zone située entre Ramallah et Jérusalem depuis des décennies. En 2007, leur lieu de vie a été séparé de la ville de Bir Nabala et du reste de la Cisjordanie suite à la construction du mur de séparation, un mur synonyme de privation pour cette communauté. Plus d’accès à l’eau et aux biens et services essentiels, l’impossibilité pour les enfants de se rendre à l’école, ont conduit au fil du temps plusieurs familles à quitter la zone en 2010 et 2011. Forcés à quitter la zone par le gouvernement israélien, l’ensemble de la communauté est désormais dispersée de l’autre côté du mur, sans statut légal.

Au moins 16 autres communautés palestiniennes, soit environ 2.500 personnes, vivent sous la menace permanente d’une expulsion car leurs habitations se trouvent à Jérusalem qu’ils ne disposent que des cartes de résidents pour la Cisjordanie.

En 2013, les démolitions et les déplacements forcés ont touché plus de 200 personnes à Jérusalem Est, un nombre supérieur à celui des années 2011 et 2012. La majorité de ces démolitions ont eu lieu dans la zone C de Cisjordanie et concernent tous types de structures : habitations, citernes, abris pour le bétail. Elles résultent dans la plupart des cas d’un système de permis et de planification qui rend impossible l’obtention des autorisations nécessaires aux Palestiniens.

Il est important de rappeler que les démolitions aboutissant à des déplacements forcés de populations sont contraires au droit international humanitaire et qu’elles entraînent de graves conséquences pour les communautés concernées. Il faut également souligner l’effet particulièrement dévastateur de ces atteintes aux droits sur les enfants, générant stress, dépression et angoisse.